Travailler en langue étrangère. Quels avantages?

travail, bureau, languesEtre citoyen du monde? Oui, mais pas seulement pour voyager. Aujourd’hui nous pouvons parler aisément du « travailleur du monde« , car, oui, l’univers professionnel ne se cantonne plus à la région où est basée l’entreprise. L’import-export, la finance, la science, les nouvelles technologies, l’humanitaire, nombreux sont les domaines où les professionnels ont choisi de travailler en une langue commune. A l’instar des organisations internationales, comme l’ONU avec ses six langues officielles, les multinationales optent souvent pour une langue  de communication unique au sein de l’entreprise. L’anglais est préféré pour ce rôle, compte tenu de sa prédominance dans le monde des affaires actuel. Mais il n’y est pas seul, la francophonie a toujours son importance, l’espagnol, l’allemand, le russe, le chinois ont également leur place dans la politique linguistique adoptée par les entreprises.

Les employeurs, outre les diplômes, préfèrent les profils ouverts au monde, parlant plusieurs langues étrangères, connaisseurs de différentes cultures et mentalités. Cela enrichit les équipes et permet de s’adapter au visage international de notre quotidien. Il en résulte que les équipes sont très souvent multiculturelles et multilingues. 

Se retrouver seul Français au sein d’une banque de la City, quel défis! En effet, on ne pourra pas rebondir à chaque plaisanterie du fameux british humour, mais on pourra tout de même tirer quelques avantages à ne pas être locuteur natif! Explications.

Travailler en langue étrangère est difficile, c’est évident. Cependant, parlementer dans un langage simple, relever les idées clés sans devoir faire recours à un vocabulaire sophistiqué, cela peut s’avérer avantageux. Quelqu’un qui paraît un peu plus limité qu’il ne l’est en réalité, procurera une véritable surprise chez l’interlocuteur pendant la négociation et mettra ainsi toutes les chances de son côté.

Quand on vient d’une autre culture, non seulement d’une autre langue, on note les pierres d’achoppement et les habitudes de penser que partagent les locuteurs natifs. On est beaucoup plus observateur. Cela permet de mener le débat en prenant en compte les spécificités cultuelles des interlocuteurs. En disant : “ je ne suis pas certain comment les choses fonctionnent ici, mais je pensais que…”, on pourra mettre en avant son idée assez facilement. Tant dit que les natifs devront déployer des techniques plus astucieuses pour présenter leur point de vue.

De plus, parler plus lentement permet au non-natif de choisir la parole juste, ce que la plupart des gens ne fait pas, car l’émotion domine leur discours. 

Pour gagner du temps précieux, on pourra toujours demander une clarification! Ce qui peut s’avérer être un amusement pratique dans certaines situations.

En outre, des recherches ont montré que la prise de décision en langue étrangère était souvent meilleure. La façon de pensée dans une autre langue que sa langue maternelle rend le raisonnement pragmatique, efficace, moins émotionnel.

Enfin, n’est-ce pas merveilleux de pouvoir passer d’une langue à une autre, de vivre et de travailler dans des univers socio-culturels divers et de s’en enrichir! Dans un univers anglophone, un Français peut toujours parler en privé sa langue et rejoindre une conversation en anglais ensuite. Les aller-retour d’une langue vers une autre sont un rappel constant de comment les autres peuvent voir différemment les choses. Les unilingues plaignent ceux qui peinent en langue étrangère, mais, hélas, eux n’ont aucune possibilité de savoir ce qu’ils manquent…

UNOSEL

Source : The Economist, Jonhson, « Of Two Minds » 

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